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Le blog de Daniel «   Ski de randonnée, expéditions, raquettes «  

Le manque de vigilance… une des principales causes d'accidents d’avalanches

Pratiquant depuis plus de quarante ans le ski de randonnée, j’ai pu mesurer l’évolution des connaissances en nivologie et la qualité de leur vulgarisation ainsi que la grande évolution du matériel de recherche de victimes d’avalanches. La cordelette rouge, laissée à la traîne, n’était pas vraiment efficace ! Pourtant, il continue à y avoir un nombre important d’accidents, certains tragiques, d’autres sans conséquences, ces derniers n’étant pas toujours connus ni répertoriés.

Je suis maintenant convaincu que l'une des principales causes d'accidents d’avalanches touchant les skieurs de randonnée mais également les raquettistes, les snowborders, les skieurs hors pistes, provient du manque de vigilance.

En effet, pour déjouer les pièges de la montagne enneigée, il faut toujours rester en alerte, avoir une attention constante et un sens de l’observation bien aiguisé. Mais, c’est loin d’être le cas sur le terrain car : - L’explosion de la pratique fait que l’on skie très rarement seul. L’abondance de traces conduit trop souvent à s’y fier sans discernement. - Le fait de bien connaître un itinéraire, que l’on fait souvent, avec des partenaires fiables, incite à une baisse de la vigilance. - La progression du niveau des skieurs et la qualité du matériel font oublier toutes considérations autres que la pente raide, la bonne neige et l’envie de se faire plaisir. - La médiatisation des « exploits », pas toujours relativisés, sur les sites internet conduisent à penser que « si ça passe un jour, ça passe toujours ». - La baisse, relative, de la pratique associative au profit de pratiques individuelles conduit, parfois, à une moins bonne transmission de l’expérience. - La pratique consumériste du ski de randonnée héritée de celle pratiquée en station aggrave les risques d’accidents.

Comment toujours maintenir la vigilance ?

Un certain nombre de comportements devraient être la règle :

- Consulter régulièrement les bulletins nivo-météorologiques, et pas simplement le dernier. http://france.meteofrance.com/...nebulletinneige - Préparer sa course en montagne. Il n’est pas concevable de participer à une sortie sans connaître des paramètres aussi importants que l'objectif, le niveau de difficulté ou d'engagement, le dénivelé, les itinéraires de repli. Cette connaissance de chacun participe à une meilleure prise de décision collective. Les topos imprimés (par exemple http://www.volopress.net/volo/spip.php?rubrique3), les sites internet (http://www.skitour.fr, http://www.camptocamp.org/, http://www.bivouak.net, http://metaskirando.free.fr/ sont d'une grande utilité mais un coup de fil à une personne sur place n'est pas un luxe. - Choisir l’itinéraire en fonction du niveau technique des participants mais aussi de leur condition physique. Attention au retard lorsque la nuit tombe vite ! - Constituer des groupes de 5 à 6 skieurs au maximum. Un grand groupe constitue un risque supplémentaire notamment par la surcharge du manteau neigeux, par le nombre d’ensevelis potentiels en cas d’accident mais également parce qu’il fait baisser la vigilance. Chaque skieur aura tendance à penser que le groupe va régler les problèmes à sa place. - Faire un bilan de la course n'est pas inutile, surtout s'il y a eu des incidents.

Sur le terrain, adopter des attitudes de nature à développer la vigilance :

- Avoir une carte pour chaque participant n’est ni compliqué ni onéreux surtout avec la possibilité de les imprimer depuis des sites internet. http://www.visugpx.com/ - Regarder la carte avant de démarrer et régulièrement pendant la course oblige à observer, à se situer, à analyser le terrain en relation avec celle-ci. Cette pratique développe le « sens de l’itinéraire » qui n'est rien d'autre que le sens de l'observation. - Avoir les Détecteurs de Victimes d’Avalanche (DVA) branchés et testés dès le départ. - Marcher en gardant des distances doit être un réflexe. Il convient d’adapter la distance à la taille que couvrirait une éventuelle avalanche même si cela paraît exagéré. A proscrire à tout prix la musique dans les oreilles qui empêche d’entendre les consignes ou… le grondement d’une avalanche. En montagne on ne s’ennuie pas, il y a tant de choses à voir ! Et si on s'ennuie en ski de randonnée, il faut faire autre chose ! - Utiliser les méthodes d’aide à la décision (formule 3X3, méthode de réduction de Munter et leurs dérivés, Nivotest de Bolognesi...). Ce sont là des éléments qui obligent à observer autour de soi. Voir http://www.anena.org. - « Critiquer », en permanence, la trace et ne pas hésiter à la refaire si on estime qu’elle n’est pas correcte. C'est un peu énervant pour celui qui trace mais très formateur pour tous. Encore faut-il que ceux qui suivent ne soient pas « à la ramasse ». - A la descente, ne pas rechercher, sans réfléchir, les zones plus raides, plus poudreuses, plus valorisantes.

L’apprentissage

Le développement de la pratique, l’évolution du matériel, sa facilité d’utilisation, la généralisation des DVA ont tendance à laisser penser que « c’est facile, il suffit d’avoir une bonne forme et de savoir skier et qu’il n’y a rien à apprendre». C’est tout le contraire. Il faut apprendre à apprendre et à observer. - Apprendre à utiliser le DVA et les techniques de recherche en avalanche et s’y entraîner régulièrement sans oublier que le DVA n’est qu’un outil qui donne une petite chance de s’en sortir si on a fait l’erreur de se faire prendre dans une avalanche ! - Apprendre à faire une bonne trace qui tient d’abord compte des risques d’avalanche. Une trace régulière, économique facilite les conversions en utilisant au mieux le terrain le moins exposé pour tourner. A la descente, plus vite on skie, plus vite on risque d’être embarqué. Le plaisir du ski et la volonté d’épater viennent après la sécurité. Suivre la trace est important. Mais un bon niveau à ski est une sécurité supplémentaire. - Il est indispensable de se documenter pour comprendre la nivologie en consultant livres et sites internet récents car les connaissances évoluent. Les topos-guides sur papier ou sur internet sont de précieuses sources d’informations. Sans oublier l’expérience des autres qui constitue une source de connaissances incontournable. Le site http://www.data-avalanche.org est une bonne source, constamment mise à jour, d'informations. - La responsabilisation précoce des débutants représente un élément supplémentaire de sécurité. En ski de randonnée, la sécurité repose d'abord et presque uniquement sur chaque pratiquant. Parcourir la montagne, notamment enneigée, est compliqué. Pour l’apprendre un certain nombre d’outils peuvent aider : topos-guides, site internet, carte, boussole, altimètre, GPS, DVA, Airbag.

Je reste un partisan convaincu de la pratique associative tout en sachant que certaines associations maintiennent des pratiques peu responsabilisantes : groupes importants, disparates, « chef » qui décide sans expliquer, absence de formation aux outils.

Les responsables d’associations doivent prendre conscience de la nécessité absolue de former des pratiquants responsables et autonomes. Cet enjeu reste identique pour des pratiques entre copains ou avec un professionnel.

Et l’expérience ?

Les statistiques montrent que beaucoup de pratiquants chevronnés, professionnels y compris, sont impliqués dans des accidents d’avalanches. Peut-on pour autant en déduire que l’expérience ne sert à rien ? Ce qui est sûr, c’est que l'expérience ne doit pas conduire à la routine. La nivologie est un domaine complexe dont la compréhension s’appuie à la fois sur la diversité des situations vécues et sur l’acquisition de connaissances théoriques. L’enjeu n’est t-il pas d’acquérir de l’expérience pour maintenir en toutes circonstances un haut niveau de vigilance ?

Daniel Dupuis avec l'apport d'un certain nombre d'autres personnes ....
Dupuis Geneviève
le 3 nov. 2014 à 16:37 GMT
Avec le D.V.A., la pelle et la sonde, le trio indispensable !à expérimenter ensemble lors d'une sortie d'apprentissage.
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